Hadopi, la propagande est en marche

Publié par Antoine le jan 24, 2011 dans Debats, cas pratique | View Comments

L’Etat ne sait plus comment faire. L’HADOPI a publié une étude qui prouve que le pirate est un type possédant un pouvoir d’achat et que l’accroissement de l’offre légale entraîne une migration des pratiques. Donc que le problème n’est pas dans les mentalités mais bien dans la manière dont l’industrie du divertissement a raté le virage du numérique.

Pourtant, ces chiffres vont à l’encontre de l’existence même d’Hadopi, il faut donc faire un joli paquet cadeau et la presse est heureusement là pour montrer aux citoyens l’utilité de cette hadopitrerie. Morceaux choisis.

Article parue dans Le Figaro: La moitié des Français pirate des œuvres sur le net

Comme le rappel l’article du  Figaro, le pirate français moyen est représenté comme tel :

La figure du pirate aisé semble en effet dominer la tranche des 25-39 ans. Souvent suréquipé en matériel high tech, appartenant aux classes supérieures, il dépense plus que les autres en produits culturels licites sur le net. Cette élite se montre souvent militante. Elle refuse le contrôle, perçu comme rétrograde, à contre-courant de l’histoire et de la diffusion de la culture.

UN RÔLE SALVATEUR

Maintenant place à la propagande avec des termes joliment choisit histoire de démontrer à tous que la Hadopi, c’est vraiment trop bien :

Les hommes se montrent plus obstinés. A l’inverse, les femmes semblent plus réceptives aux vertus du contrôle espérant que l’Hadopi aide la création.

En communication, les vertus d’un produit le rendent souvent salvateur et sont d’origines miraculeuse. Ainsi, les vertus d’une eau minérale gazeuse comme la Quézac s’ancrent de la légende et ses propriétés particulières la transcende. La définition de vertus est telle : « Capacité à faire du bien ». Le contrôle a donc ici des propriétés salvatrices qui vont aidées à la création artistique, et seule la Hadopi se pose comme un produit miracle …

«Nous sommes moins pessimistes qu’avant», reconnaît El-Sayegh (directeur du SNEP). «L’Hadopi était nécessaire pour rappeler que la culture a un coût. Mais il faut encore attendre pour faire le bilan».

Encore une fois nous sommes face à un produit miracle, qui non seulement va sauver les consommateurs, mais également les professionnels. La Hadopi fait du bien, rassure, remonte le morale. Un peu comme le Juvamine (si juvabien c’est … ). La Hadopi nous a rappelé à tous un fait important. C’est vrai que la Hadopi c’est un peu Jésus qui nous montre la voie en nous rappelant que nos péchés sont impures. Merci Hadopi. Au passage, je rappelle juste le préambule de la constitution 13 « La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture ».

LA HADOPI NOUS GUIDE

Si l’Hadopi n’a pas encore modifié en profondeur le comportement des internautes, le déplacement d’un tiers des actuels pirates vers l’offre légale serait déjà sensible, voire suffisant pour viabiliser le modèle économique de la culture sur le net, car cela représente des millions de personnes…

Dans la famille je prends des raccourcis foireux je voudrais le Chaperon Rouge qui tombe dans la gueule du loup. Pourquoi parler de « déplacement » ? Le piratage est toujours d’actualité, c’est surtout l’augmentation du catalogue et des plates formes d’offre légale qui permettent à l’industrie du divertissement de récupérer une partie de ses ressources. La Hadopi ne modifie pas le comportement, il n’est qu’un croque mitaine qui ne fait pas peur.

La propagande est en marche ! Un deux Un deux Un deux

PS / D’ailleurs, les internautes ne sont pas dupes :)

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