Récemment, les déclarations de Mark Zukerberg, le fondateur de Facebook, ont déclenché une certaine vague de protestations, pour ne pas dire le feux aux poudres. Diffusées par TechCrunch et relayées par l’excellent RedWriteWeb, ces propos annonçaient, en substance, la mort de la vie privé par l’ouverture des réseaux.
Si nous autre professionnels du web (au sens où le web est notre profession) nous voyons dans cette manoeuvre une volonté d’affiner un modèle économique (profils plus ouverts, pubs plus ciblées), il ne faut pas oublier que ce sont les internautes qui sont au coeur des problématiques de vie privé, Facebook ne répondant qu’ à un principe d’entreprise, au même titre que Google.
Maîtriser ses publications et les publications d’autrui devient de plus en plus compliqué, tant leur diffusion est facile et leur retrait plus dure. La mise à jour d’un statut ne répond plus à un acte réfléchit, mais bien souvent à une impulsion, comme l’on claque une porte. Les phénomènes de nombrilisme explosent, tout un chacun pouvant être une star, mais les conséquences ne sont que trop rarement prit en compte (identité numérique, sphère familiale).
Il faut aussi remettre la définition de « vie privé » à jour. Si pour les adultes, c’est ce qui se différencie de la sphère publique (je ne partage qu’avec mes amis ou familles) ou professionnel, pour les jeunes, cela ne concerne que la volonté de ne pas être lu ou vu par les parents. D’où des comportements et des répercussions différents.
Sans rentrer dans une diabolisation du web, il est temps, je pense et vous allez comprendre, que l’Etat se mette un peu à jour, et cesse de compter sur ce truc qu’on appelle CNIL, le problème ne venant pas des entreprises du web, mais des internautes eux même.
I) Tous des stars ?
2001, M6 lance Loft Story. Des jeunes hommes et femmes issus de ce que la population fait de plus caricatural (jeune des quartiers chic, pouf blonde, homosexuel peroxydé avec peluche, génération black blanc beurs…). La France découvre alors que n’importe qui peut devenir une star. Les autres émissions pourries envahissent alors le PAF, c’est l’avènement des héros anonymes jetables. Ce phénomène avait déjà été amorcé dans d’autres pays (BigBrother en Angleterre par exemple).
2002, sort sur le web et cartonne un max un site internet appelé FriendSter, qui si on peut le dire, est le premier réseau social.
Friendster est basé sur les techniques de cercles et de réseaux d’amis pour mettre en contact des personnes dans des communautés virtuelles et faire la démonstration du phénomène du petit monde.
Source : Wikipédia
La donne est lancée, l’individu lambda se met à rêver d’être le futur chanteur de demain, d’être la nouvelle star … cependant, le web n’est pas encore prêt, Youtube n’arrivera qu’en 2005, et FaceBook ne commencera réellement qu’a percer en 2006. Et les réseaux comme FriendSter ou Myspace ne sont encore tout à fait « populaires », à savoir n’ont pas encore atteint le monde entier et toutes les strates de la population. Mais les bases sont lancées, les moeurs n’ont plus qu’a suivre et le partage de média ne fera que propulser un phénomène sociétale : le m-as-tu-vu.
En effet, nous évoluons dans un monde où les médias tendent à trouver dans le commun des mortels que nous sommes de futurs produits de consommation en la qualité de stars. Et là où la télévision impliquait un casting, le web s’affranchit de ces barrières, c’est vous qui créez le show. Sur votre blog, sur votre profil …
Internet a lui même propulsé ses stars, et comme pour la télévision, certains sont retournés dans un anonymat total (comme par exemple Kamini et son rap campagnard), d’autres ce sont pérennisés (Artic Monkey pour rester dans le domaine musical).
Si les courants musicaux peuvent trouver un certain crédit, la diffusion de la vie privé relève d’un exhibitionnisme fort au service d’un besoin de se voir « star », si je puis dire. Besoin de donner ses orientations sexuelles, ses performances, de répondre à des quizz sur ses pratiques religieuses, bref on se donne à notre communauté sous le visage que l’on veut qu’elle nous perçoive et qu’elle nous renvoie ce merveilleux reflet.
C’est un peu le mythe de Narcisse en moderne. L’on contemple dans le web un reflet que l’on s’est façonné.
On a ce besoin : les autres vont me glorifier, ou réagir à ce que je mets. « Regardez, ce sont des photos de moi à poil », et je rafraichis ma page pour avoir les commentaires. Le web des réseaux sociaux est censé être un lieu de partage. On peut partager des passions, des hobbies, mais là, ce n’est plus que du partage. On se donne. C’est là la nuance, et c’est là le danger.
Un autre phénomène de vie privé, c’est façon dont on appréhende celle des autres : « Regardez, Marc il était tout bourré et il avale des vers de terre avec une paille ». Ce qui va s’avérer drôle pour beaucoup sera un vrai calvaire pour le sus nommé Marc.
La vraie difficulté pour les internautes, c’est de prendre du recul, de se dire que la frontière avec le réel n’existe pas. Que ce soit le cercle familiale, le cercle professionnel ou une fange du cercle amical, tous peuvent avoir à tout moment accès à des contenus vous concernant. Une photo, une vidéo, même si elle est sur un profil, peuvent facilement être récupérés, et diffusés. Je vous invite vite fait à lire cet article sur les récentes découvertes d’un labo américain.
Dans son essaie « Le design de la visibilité : un essai de typologie du web 2.0 » , Dominique Cardon analyse les différents comportements des internautes liés à leur vie privé :
Pour l’auteur :
Le clair-obscur. Les participants rendent visibles leur intimité, leur quotidien et leur vie sociale, mais ils s’adressent principalement à un réseau social de proches et sont difficilement accessibles pour les autres. La visibilité en clair-obscur est au principe de toutes les plateformes relationnelles qui privilégient les échanges entre petits réseaux de proches (Cyworld, Skyblog, Friendster). Si les personnes se dévoilent beaucoup, elles ont l’impression de ne le faire que devant un petit cercle d’amis, souvent connus dans la vie réelle. Les autres n’accèdent que difficilement à leur fiche, soit parce que l’accès est limité, soit parce que l’imperfection des outils de recherche sur la plateforme le rend complexe et difficile. Pour autant, ces plateformes refusent de se fermer complètement dans un entre-soi. Elles restent ouvertes à la nébuleuse des amis d’amis et des réseaux proches qui facilitent la respiration et la circulation dans l’environnement que dessine le simple emboîtement des réseaux de contacts de chacun des membres.
Cependant, si les utilisateurs ne s’adressent qu’en apparence qu’à un cercle « restreint », ils savent les dérives qu’un tel exhibitionnisme entraîne, ou ne se posent pas la question du « après ».
Vous trouverez ainsi quelques exemples de « craquage » en ligne, avec notamment deux exemples très convaincants. J’en ai prit deux, mais vous devriez vraiment y faire un tour :
D’une part, le célèbre « licenciement en direct », qui a beaucoup fait parler de lui :
Ou encore le coup du « mais vous êtes qui »?
L’intention, c’est un point de départ. Comme le rappelle le groupe Reflect, « Quand je publie des informations en mode public, je ne conçois pas fondamentalement une communication planétaire. Dans ma tête, je publie à destination de mes proches, éventuellement de mon réseau. »
Si à la base les gens communiquent entre eux des données à destination du réseau, cela ne semble pas poser de problème que ces dernières sortent de ce réseau. C’est le phénomène du nombrilisme, on est flatté que nos publications trouvent un écho dans un environnement que l’on ne connait pas. Ainsi, je partage une photo de moi, elle plait et est partagée sur d’autres réseaux, les réactions des gens, si elles ne sont pas méprisantes, me propulsent le temps d’un instant comme star.
II) Des chiffres qui font froid dans le dos
Sur le web, je dirais qu’il y a deux types de grandes familles, ceux qui sont nés dans le web, et les autres, autrement dit les jeunes et les vieux. A 26 ans, je me considère comme vieux, malheureusement …
En gros, il y a ceux qui n’ont pas de recul car ils sont nés dans une mouvance technologique et ne se posent pas la question du « à côté », et ceux qui vont s’y mettre, ou qui ont vu l’avant et l’après et qui essayent d’appréhender la technologie. Les vieux ont un peu plus conscience des enjeux, même s’ils semblent ne pas vraiment avoir une conscience globale.
Aussi, les comportements des adolescents et des adultes sont différents. Si les jeunes adultes mettent en avant plus le côté « je me suis prit une de ces cuites samedi dernier », les ados seraient dans une mouvance sexuelle. De même, la notion de vie privé différe de de l’un à l’autre. De nombreuses études ont récemment été menée sur différentes tranches d’âge, et elles font froid dans le dos, notamment concernant les jeunes.
Tout d’abord, il y a une étude a été menée auprès des quasi trentenaires, appelée « SocioGeek » menée par faberNovel, Orange Labs et la Fondation pour l’Internet nouvelle génération (Fing). Voilà en substance ce qu’elle révèle :
- L’exhibitionnisme de cette tranche d’âge se trouve dans la mise en scène (déguisements, photos un peu fofolle)
- Pas ou peu de trash (ivresse, blessure …)
- Peu d’expression de malaise
« L’exhibition sexuelle, ou simplement corporelle, n’est pas non plus très prisée. Les répondants sont aussi plus enclins à se montrer entre amis ou en couple qu’avec leur famille. Si exhibition il y a, elle est dans la faculté des internautes à se mettre en scène (déguisements, grimaces, cadrage fantaisiste des photos…), et on la trouve plus sur MySpace que sur Facebook. “ On veut se montrer cool, festif, avec des amis ”, résume Dominique Cardon. »
Cependant, si cela concerne les internautes, ces derniers, à mon sens, n’hésitent pas à publier des photos de leur entourage dans ces situations. Ainsi, on va se mettre « cool », donc sous son meilleur jour, mais on ne va pas hésiter à publier des médias compromettant de ses proches. On reste dans une logique « bon enfant » dans l’ensemble.
Cependant, il y a tout de même des dérives. Dernière en date, cette affaire sur Facebook de toutes les filles s’amusant à donner la couleur de leur soutif. Comment des gens peuvent d’un côté nous dire « les utilisateurs veulent une vie privé maîtrisé » et d’un autre « ouah le buzz du jour c’est les femmes qui donnent sur leur profil la couleur de leur soutif »…
Autre phénomène, le cas des jeunes, et c’est là que vient le malaise avec une ouverture des données. Comme je le disais plus haut, si les jeunes adultes considérent la vie privé comme une séparation de la vie professionnelle et ont tendance à afficher une certaine méfiance vis à vis de Big Brother, les adolescents et plus jeunes considère la sphère privé comme celle n’entrant pas en résonnance avec la sphère familliale.
Une étude parue en 2009 donnait déjà le ton : « Les chercheurs ont examiné 500 profils de jeunes de 18 ans sur MySpace, choisis au hasard. 54% des profils contenaient des informations sur leur comportement à risque : 24% faisaient référence au comportement sexuel, 41% à l’abus de substances et 14% à la violence. » (source Commentcamarche)
Selon une étude de e-enfance et IPSOS, les jeunes ont une attitude encore risqué :
- selon une enquête réalisée en 2009 par e-enfance sur Facebook*, 56% des 13-18 ans sont inscrits sur Facebook et ce pourcentage monte à 67% pour les filles de 13 à 18 ans.
- 33 % déclarent que leur profil Facebook n’est pas mis sur le mode privé.
- 2 enfants sur 10 envisagent de se rendre à un rendez-vous avec une personne inconnue rencontrée sur le Net et ce chiffre monte à 1 sur 4 pour les plus de 15 ans.
- plus d’un enfant sur deux a le sentiment de pouvoir faire ce qu’il veut sur Internet sans que ses parents le sachent et ce pourcentage monte au fur et à mesure qu’ils grandissent (65 % pour les plus de 13 ans et 76 % pour les 15-17 ans).
- 9 % ont eu des propositions sexuelles et surtout les filles de 13-14 ans où la proportion est de 43 %.
Source Tfou
Une étude américaine, qui a été un peu « assouplie » par une autre étude de MTV, démontre aussi qu’entre eux les jeunes s’échangent volontairement des images à caractère sexuels dans une optique de drague :
- un adolescent sur cinq et un jeune adulte sur trois ont déjà envoyé des photos ou des vidéos d’eux-mêmes nus ou à moitié nus par Internet ou par téléphone mobile
- Les filles sont ainsi plus nombreuses (22 % chez les ados, 36 % chez les jeunes adultes) que les garçons (18 % et 31 %) à s’exhiber en ligne, mais elles sont aussi plus nombreuses à réserver ces contenus à leur petit ami, et sont plus influençables. Une majorité (51 %) des adolescentes disent envoyer ce genre de contenus sous la pression d’un garçon, alors que leurs homologues masculins ne sont que 18 % à ressentir une pression réciproque.
- ls sont environ les trois-quarts à reconnaître qu’envoyer des contenus sexuellement suggestifs « peut avoir des conséquences négatives sérieuses« . 44 % des adolescents sont ainsi conscients qu’il est courant de partager ces contenus avec d’autres personnes que les premiers destinaires.
- deux tiers des adolescentes trouvent que c’est « amusant » à faire,
Sans diaboliser le web, l’ouverture des données va être assez génante pour ces ados :
- Identité numérique ruinée, imaginez alors lorsqu’ils entreront dans la vie active
- Accès plus facile à des comportements déviants (pédophilie, dealers … )
Alors quoi?
Je le répète, et je continuerais à le faire, le problème c’est l’Etat et les parent qui doivent éduquer les jeunes. Franchement, je ne vois pas pourquoi aujourd’hui on ne donne pas à l’école des cours d’appréhension du web et des médias sociaux. On donne des cours d’éducation sexuelle pour prévenir des grosses infantiles et des MST, on donne des entretiens d’orientations, des cours de sécurité routière, mais à aucun moment on ne va éduquer les jeunes aux risques du web, pour leur carrière, pour leur construction personnelle et sur les risques encourues.
L’Etat préfère dresser de grands procès que de faire de la prévoyance. Plutôt que d’attaquer Google et compagnie, de se reposer sur cet truc qu’on appelle la CNIL mais qui ne sert à rien, il ferait mieux d’éduquer. De même pour les parents, lorsqu’ils ont le temps d’appréhender les nouvelles technologies. Car un ouvrier qui travail à l’usine aura autre chose à faire quand il rentre de sa journée que d’avoir le reflexe de se dire « je vais essaye de comprendre les enjeux du web de demain pour éviter qu’il ne se passe un truc pour mon enfant ». D’où la necessité de l’Etat d’intervenir, de faire de la prévention. Les jeunes voulant fuir la sphère familiale, je ne vois pas en quoi l’intervention étatique serait un mal .
III) Modification des comportements annoncés, qu’en sera-t-il réellement
Dans son edito, PC Impact rappelait que le président de Google avait affirmé :
Eric Schmidt a ainsi affirmé il y a près d’un mois : « Je pense qu’il faut faire preuve de jugeote. S’il y a quelque chose que vous faites et que personne ne doit savoir, peut-être qu’il faudrait commencer par ne pas le faire. Si vous avez besoin qu’on respecte à ce point votre vie privée, le fait est que les moteurs de recherche – y compris Google – enregistrent et conservent des informations pendant un certain temps. Il faut bien réaliser qu’aux États-Unis, nous sommes soumis au Patriot Act et qu’il donc est possible que toutes ces informations soient mises à la disposition des autorités si elles les demandent. »
A cela s’ajoute les déclarations de Marc Zukerberg :
Les gens sont à l’aise, non seulement avec le fait de partager de plus en plus d’informations de tout ordre, mais ils sont également plus ouverts, et à plus de personnes. La norme sociale a évoluée ces dernières années.
Avec l’ouverture des réseaux, certains prédisent l’avènement des faux profils, des avatars et conçoivent déjà les difficultés d’une publicité qui devrait s’adapter à de fausses données. Hors comme le stipule les deux big boss, les comportements des gens sont à exhibitionnisme, et les récentes études ne font que le confirmer. Personnellement, je ne pense pas que les personnes lambda aient le reflexe alors de se créer une identité numérique. Nous professionnels du web, nous comprenons le sens d’un surf anonyme car nous connaissons les mécanismes consuméristes et les enjeux d’un tel champs de données à ciel ouvert.
Ce qui est vraiment choquant dans ce que vient de faire Facebook est très justement rappelé par Fred Cavazza :
Encore une fois ce qui me dérange (et visiblement je ne suis pas le seul), c’est que Facebook décide de le faire après coup. Sur Twitter vous pouvez choisir un pseudo et afficher un avatar, ce que vous y publiez est alors de votre responsabilité. Par contre sur Facebook vous n’avez pas d’autre choix que d’utiliser votre vrai nom et ce sont des dizaines (centaines ? milliers ?) de photos / vidéos qui sont maintenant en libre consultation.
D’un seul coup, vous ouvrez le réseau. Vous laissez les gens se starifier, s’exiber, cachés dérrière un rideau de fumée. Ils ne se posent même pas la question de la vie privé, c’est dévenu tellement tendance de se mettre en scène. Et là, tout s’ouvre.
Magritte, la condition humaine, me fait étrangement penser à ce qu’il est en train d’advenir
Les gens se dévoilent, c’est un fait, ils se dévoilent sous toutes les coutures et laissent les autres accéder à des données de type « religion », « orientation sexuelle », ou que sais je encore. Ils n’ont pas conscience des répercussions que cela aura dans leur sphère professionnelles.
S’il est clair que Facebook se trompe en ouvrant ses données, que la notion de vie privé représente un doux cocon aux oreilles des utilisateurs, il ne faut pas oublier que l’effet boule de neige n’est pas prête à
Je ne pense pas qu’on verra un grand changement dans le comportement des utilisateurs, car bien qu’ouvert, il est toujours possible tout de même de protéger ses données :
Quand bien même je me tromperais, de nombreux professionnels pointent comme prochaine mouvance l’utilisation des avatars et de faux noms et la relation difficile entre web marketing et profil tronqué. Je ne pense pas que cela arrivera, ou du moins que ce sera LA tendance, car comme expliqué plus haut, les gens ont besoin de cette relation réelle avec leur moi numérique, en gros, qu’au travers des médias sociaux ils peuvent améliorer leur image auprès de leur cercle.
Les gens s’auto-segmentent. C’est à dire que d’eux même ils vont rejoindre des groupes sur les réseaux sociaux. Le groupe des adorateurs de la chaussette à pois? Et poum, vous vendeur de chaussette vous agissez. Plus besoin de vous centrer sur des avatars, vous agissez sur des groupes, sur des comportements.
Les comportements peuvent changer, à conditions que les gens aient consciences des enjeux chose dont je doute, le marketing social continuera son chemin. La notion de vie privé répond à des attentes différentes selon les classes sociales, les ages …
Pour l’heure, Facebook ne donne pas dans l’indexation des profils sur Google mais des pages, cependant, qu’en sera-t-il dans quelques temps?
Les utilisateurs n’ont absolument, dans leur ensemble, aucune relation ou trop peu de, avec le réel. Pour eux, ce n’est qu’un monde phantasmagorique dans lequel ils sont l’épicentre d’un mouvement fort, celui d’un cercle d’ami ou d’inconnus, qui vont répondre à ses aspirations oniriques, réussite, starification …
Les gens peuvent modifier leurs comportements, mais je doute qu’ils le fassent réellement. Nous ne voyons les choses que d’un côté professionnel. L’avatarisation est un phénomène qui n’est pas récent. Dans un monde où nous nous faisons star, où nous refletons le meilleur de nous même, je ne vois pas pourquoi j’utiliserais un faux profil si je recherche les feux des projecteurs.
Ils ont trop besoin de cette relation « transcendante » liée à leur nom prénom image.
« Hey, je suis Johny Boy, j’adore empaillé les castors et regarde moi comment je fais torse nu pour mettre la paille par leur trou du … »
Star d’un jour, star toujours. Avec ses mythes de réussite (Artic Monkey par exemple), le web n’est pas prêt, je pense, de voir arriver des identités numériques tronquées. Si pour nous c’est un monde professionnel, (vive les geeks), pour une bonne majorité des internautes,c ‘est un monde déconnecté du travail, ou l’on va échanger avec nos collègues des vannes à deux balles, mais qui reste un monde à part.
Enfin, les phénomènes d’avatarisation que pointent certains comme nouvelle mouvance, même si elles risquent effectivement d’augmenter, ne devraient pas prendre le pas. Tout au plus nous auront des profils un peu plus maîtrisés, dans le sens où les utilisateurs feront plus attention à ce qu’ils publient, mais je doute qu’ils abandonnent leur identité réelle.
Conclusion
Si je comprends parfaitement le point de vue de Facebook, voir de Google, qui est de monétiser ses contenus, on va au devant de gros problèmes si les profils deviennent public et dans un futur proche indexables (ne nous leurrons pas).
Si de nombreuses personnes sont peu enclin à se dévoiler sur le net, d’autres le fond, pour tout un tas de raison et selon différents rituels. L’ouverture des données est un pas de plus vers une catastrophe à venir, l’indexation des profils sera le clou du spectacle. Demain, parce que nous nous donnons à des sociétés dont le but, comme toute est de faire de l’argent, nous serons en première ligne de front sur ce que nous avons publié à une recherche nom et prénom.
Zukerberg a raison, néanmoins, même si ce n’est pas une raison, de dire que les gens tendent à exhibitionnisme, à se starifier. Pourquoi? Parce qu’ils n’ont pas de recul, ils n’appréhendent pas les enjeux et que c’est devenu tellement courant. Ils croient maîtriser une technologie mais ils n’en voient que la partie émergé. Trop facile de partager mon dernier flirt à mes amis, pas évident de voir plus loin que mon cercle, qui lui même peut partager cette information. L’intention est bien là, il manque la volonté. Volonté de savoir ce qu’adviendra ma publication, volonté de maîtriser mon image … regardez moi, je suis tellement ça.
Là où il va y avoir un risque, c’est pour les jeunes. Si ces derniers sont complétements à côté et s’en foutent royalement de la notion de vie privé, ils ne s’attendent probablement pas à ce que papa les voit demain sur Google Image. Ainsi, en cherchant à refaire les joints de sa cuisine et il pourrait tomber sur la photo du fils indigne, le regard vide, un pétard à la main menant à un album où bon bah voilà. Mais plus grave, c’est le côté sexuel, la mise à disposition de contenus pouvant tomber facilement dans les mains de personnalités déviantes, et sutout le « j’m en foutisme » latent de ces derniers. Ils le paieront, et cher si le web devenait encore plus ouvert. Ils le paieront dans le présent (mauvais rencontre, humiliation) et ils le paieront dans le futur (employeur, collègues de bureau)
Les parents, et je le répète l’Etat (bordel les cours de flutes ça peu pas être remplacer
), doivent assure un rôle d’éducation, prévenir les risques futurs pour leurs enfants.
Si nous agissons en tant que tel, malgrès un esprit critique par rapport à une technologie qu’on a vu naître, la faute ne peut que nous incomber. Accueillez vous vos hotes en soutif-culotte? Non, alors pourquoi vous le faites sur FaceBook? Nous, adultes, avons un certain recul et les comportements déviants (photos compromettantes, paroles diffamatoires … ) ne sont qu’une donnée qu’on peut appréhender et dont on pourrait se passer. Nous ne sommes pas stupide, du moins la plus part, croire que tout reste dans notre cercle est une illusion.
Pour les enfants, c’est différent. Ils sont nés avec les technologies et ne voient pas forcément les dangers, de plus ils ne vont pas d’eux même se poser la question du « qu’est ce que je fais là », notamment dans une période telle quelle. D’où les enjeux expliqués plus haut.
Ainsi, La différence entre adulte et enfant, c’est que l’enfant vit dans une sorte de monde rebelle, où la notion de vie privé n’est pas de ne pas apparaitre sur Google mais de ne pas avoir à tout dévoiler à ses parents (sorte de journal intime super technologique).
Pour l’adulte, c’est différent. Facebook est plus un moyen d’évasion, un truc où on va jouer à qui a la plus grosse et qui a couché les autres au dernier pot de départ. A eux, qui savent ce qui les attends, de se méfier de ce qu’il pourrait arriver.
Et malgrès tout cela, je doute qu’on voit vraiment une modification des usages du web, l’avatarisation, je pense, n’arrivera pas en force. Ce n’est bien sur que mon avis.
L’ouverture des données, c’est un pas de plus vers un web ouvert, où l’identité numérique va trouver de plus en plus son importance. On voit des signes qui annoncent une grosse tempête. D’un côté une formidable envie de s’exhiber et de se starifier, voir une plateforme de drague poussée à l’extrême, de l’autre un web qui veut s’ouvrir de plus en plus pour accélérer son processus économique. Et au milieu? Rien, le vide. Les adultes ne prennent pas de recul, l’Etat ne prévient pas auprès des plus jeunes, tout annonce une mini catastrophe concernant l’identité numérique. Je vous parie qu’on arrivera bientôt à une indexation des profils dans google, un moteur d’image plus puissant, et un web sémantique plus poussé, tout un tas de technologies qui pourraient faire émerger le pire de nous à la face de sphères non désirées.
Affaire à suivre donc, mais méfiez vous. Ne diabolisez pas le web, diabolisez vous
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Marion
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Lefrein
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http://webd.fr Onejjy
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Antoine
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http://www.webaaz.com martin
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Antoine
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james
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axel














