Un bon journaliste ne donne jamais ses sources. Cet adage pourrait bien passée ad hoc. Lorsque l’on regarde l’évolution de l’infofmation en ligne, c’est un constat assez singulier qui se dresse devant nous: le web est en mutation.
Mutation des usages, une information en temps réelle accessible et partageable par tout un chacun. Mutation des mentalités, on commence par avoir du recul par rapport à un fait commenté.
Le monde entier est une potentielle source d’information, mais où se cache le vrai, quel fake se dissimule sous nos yeux en étendard de la vérité ?
Lors du e-book destiné à Twitter, j’avais déjà fait ce constat. Les internautes diffusent et consomment de l’information, les grands médias la confirme, la confronte. Aujourd’hui plus que jamais, le publique a ce besoin d’avoir l’aval des grands médias pour consommer une news, comme un homme a besoin d’un spécialiste pour se préparer une fricassée de champignons.
Le journalisme de source consiste à mettre en relation les consommateurs d’information instantanée avec des relais officialisés, vérifiés. La rapidité est le leitmotiv de notre nouveau monde, les internautes ne peuvent plus attendre une à deux heures pour se voir confirmer telle ou telle news.
La mutation doit aussi passer par l’appréhension des nouveaux outils par les journalistes.
Le journalisme, un monde qui se cherche sur le web
Journalisme. Journalisme Citoyen. Journalistes de demain?
D’après Wikipédia :
- “Le journalisme est l’activité qui consiste à collecter, rassembler, vérifier et commenter des faits pour les porter à l’attention du public à travers les médias.“
Le journalisme citoyen peut être défini comme l’action de citoyens « jouant un rôle actif dans les processus de récupération, reportage, analyse et dissémination de l’actualité et de l’information »
Nous sommes tous de potentiels journalistes. Nous avons tous à un moment ou un autre la possibilité d’être à un moment clé, de prendre des photos d’un événement et de le retranscrire. La technologie nous a donné des instruments, le web une tribune.
Seulement voilà, à la différence des vrais journalistes, si nous sommes capable d’analyser certains faits, si nous sommes capable de prendre des photos ou des videos sur un instant donné, nous ne sommes pas capable, ou dans une moindre mesure, de rassembler ou de vérifier des informations (voir les cas de l’Iran, de Mumbai..).
Le journalisme est un monde qui se cherche sur la toile. Il n’y a qu’a voir le New York Times et ses différentes solutions médias pour comprendre que nous sommes encore dans l’aire de l’experimentation.
Hors lorsque l’on voit la mutation des comportements, une valeur forte emmerge, celle de la suspicion. L’information sur le web n’est plus une valeur sure. Les journalistes commencent peut à peut à comprendre l’importance qu’ils représentent, ils sont le tampon officiel, le certificat.
Je reprendrais une phrase de Benoît Raphaël :
“Le problème, c’est que les journalistes traditionnels ne sont pas habitués au « fast checking » sur Internet (vérification rapide de l’information). Nombre d’entre eux sont encore un peu perdus face au web.»
On se souvient de l’importance des chaînes d’informations lors de grands conflits. Rappelez vous, CNN, la pluie d’obus dans un ciel verdâtre (vision nigh shot) lors de la première guerre du golf, ces images terribles que seuls les grands médias pouvaient nous ramener.
En 2008, les attentats de Mumbai commençaient déjà à changer la donne. Les téléphones portables avaient prit le pas sur les caméras épaules des reporters. On n’est plus dans l’après, mais dans le dedans. La technologie a donné la chance à tous de devenir un reporter dans le moment donné de l’action, là où le journalisme, dans de nombreux cas, portait soit sur l’après, soit sur l’extérieur.
CNN disait justement, à propos de Mumbai :
« le jour où les médias sociaux sont apparus comme mûrs »
Maintenant, il ne restait plus qu’un moyen de diffusion. Plusieurs médias sociaux entrent en jeux. Flickr pour des photos, Youtube pour des vidéos, Blogs pour les longs comptes rendus, twitter pour relier le tout et témoigner.
Lorsque l’on regarde les trending topics de Twitter 2009, on voit bien que l’on est plus dans l’information que dans le “blabla”. Les grandes causes et les grands événements rassemblent :
1. #iranelection => elections iranniennes
2. Swine Flu =>grippe A
3. Gaza => Intervention dans la bande de Gaza
4. Iran => Encore les éléctions iraniennes
5. Tehran => Pareil
Dès lors, le journalisme de source prend tout son sens car il répond à un besoin fort.
Le journalisme de source
Comme disait le célèbre adage : “la liberté des uns s’arrète là où commence celle des autres”. Si le citoyen lambda peut diffuser toute information, le despote à son tour peut diffuser toute désinformation.
Qui peut dire où et quand cette photo a été prise? Vous? Moi?
Comme expliqué dans le guide twitter, concernant les attentats de Mumbai :
“un tweet avait été relayé par des centaines de gens, qui disait que les autorités indiennes avaient demandé aux blogueurs de stopper de poster des informations, au risque d’aider les terroristes. Il a été avéré que l’auteur de cette précieuse news était un jeune … américain.”
Source : twitter, tirer le meilleur parti
Le cas de l’Iran a plus que jamais confirmer qu’une information pouvait être biaisée. Soit par esprit de désinformation (pouvoir en place, parties concernées), soit par simple bêtise (farce, test grandeur nature).
Les grands médias ont un rôle fort à jouer dans la confirmation de l’information. Un sondage INES SOFRES de Janvier 2009 nous apportait ces informations (source le figaro) :
La radio est considérée comme le média le plus fiable à 58%
La presse écrite arrive en deuxième avec 56%
La télévision partage les gens.
Enfin, voici l’évolution de la crédibilité du web :
De plus en plus d’outils sur le web permettent aux journalistes de répondre de manière quasi instantanée à un événement et de créer des listes de sources. Quand on voit la méfiance des utilisateurs par rapport aux journalistes, et on peut les comprendre pour une partie, ici, dans le journalisme de source, point de remise en cause de la crédibilité, dans la mesure où il ne s’agit que de la confirmation de données, l’interprétation qui laisse tant de gens perplexes, pouvant se reporter sur la source que sur l’information.
En quelques mots : retranscrire une information, la rassembler la conforter et analyser la source.
Comme je l’écrivais :
“En terme de veille, Twitter, c’est l’information en temps réel, un outil important qui joue sur plusieurs tableaux :
- les breaking news ( information de dernière minute), comme ce fut le cas pour les attentats de Bombay ou encore l’incroyable histoire de l’avion se posant sur l’Hudson… plus fort que l’AFP ou Reuters !
- le crowdsourcing (littéralement « sources par la foule ») où le journaliste va lui même lancer un appel à témoin, comme ce fut le cas pour France 24 qui, lors de la fusillade de Winnenden, trouva un témoin sur place en moins d’une heure.
Le web est en train de murrir. Les gens commencent à savoir où ils peuvent puiser la vérité. Les journalistes doivent lancer des fils d’ariane afin de les guider.
Si il y a quelque temps encore, tout le monde se précipitait sur la moindre info, aujourd’hui on voit une vraie évolution tendant sur la prudence. La mort de Michael Jackson en est la preuve flagrante.
- L’info est d’abord tombée sur Twitter. Un média, que certains avaient jugés douteux, lançant la rumeur, les gens sur le réseau qui gazouille attendants qu’un grand média viennent conforter la news et poom, la déception quand ces derniers viennent la confirmer.
La nouvelle donne est venue du New York Times qui a trouvé enfin une utilisation intelligente aux listes twitter. Le massacre de Fort Hood aux US a donnsé lieu à de nombreux twitt et un hashtag, #FTHood (voir cet article du Post)(Le Post a qui j’ai volé cette image mais ils me pardonneront)
Evidemment, dans la masse d’information que peut générer un tel drame, pas facile de savoir si telle ou telle source est crédible.
C’est alors que le journalisme de source prend tout son sens. Si pour l’heure, les grands médias, sur le web, ne servaient qu’a infirmer ou confirmer une news, cette nouvelle pratique permet de créer un véritable travail en profondeur en proposant des sources identifiées comme bonnes. En gros, maintenant on dit au revoir à l’adage. Vous comprenez l’intérêt?
Conclusion
Le journalisme de source propose une piste sur l’avenir de la presse en ligne. Au delà de certifié la teneur de certains événements, les journaux en ligne peuvent dorénavant appuyer l’info en crédibilisant des sources et en proposant un vrai travail en profondeur.
Car le journaliste commence de plus en plus à appréhender les nouveaux outils, et il sera à même d’apporter un complément dans l’ère du temps. La rapidité de l’information doit être suivit par sa rapidité à se certifier.
Qui se cache derrière tel ou tel pseudonyme? Telle information est t elle crédible?
Que peut nous apporter le journalisme de source dans un futur proche?
- Des listes d’individus, de blogs de comptes à suivre
- Un mur Twitter dédié aux événements, avec des sources sures en avant
- Un mur des rumeurs, avec possibilité de les démonter (et pourquoi pas nommer la source) ou de les affirmer.
Le journalisme est l’activité qui consiste à collecter, rassembler, vérifier et commenter des faits pour les porter à l’attention du public à travers les médias, comme wikipedia le définissait. Le journalisme de source serait alors l’activité qui consiste à collecter, rassembler, vérifier et commenter des sources pour les porter à l’attention du public à travers les médias
Le journaliste de demain sera donc une sorte de sourcier. Un individu scrutant la terre avec un outil adapté pour dénicher de bonnes sources.
Après, ce n’est qu’un avis. Mais je reste persuader que nous verrons une sorte de sourcing emergé. Vous en pensez quoi?
-
http://caddereputation.over-blog.com/ Camille A
-
http://owni.fr/2009/12/21/arditi-et-la-tirade-danti-net/ Arditi et la tirade d’anti net | Owni.fr
-
Kris_card
-
B. Majour
-
http://desgeeksetdeslettres.com/blog/ Des Geeks et des lettres
-
farigoule
-
http://www.mes-sources.com Cyril Deblois
-
http://antoine-dupin.com/leblog/comprendre-la-revolution-tunisienne-et-limpact-du-numerique/ Comprendre la révolution Tunisienne et l’impact du numérique | Le blog d'Antoine Dupin
-
http://antoine-dupin.com/leblog/journalisme-de-source-lexemple-impressionnant-de-the-guardian/ Journalisme de source, l’exemple impressionnant de The Guardian | Le blog d'Antoine Dupin











