Social Marketing : FAKE – Edit

Publié par Antoine le août 10, 2009 dans Debats | View Comments

Je ne vais pas très bien en ce moment, car je remets en cause tout mon travail, toutes mes affections pour ce que l’on nomme Social Marketing, à savoir le marketing sur les médias sociaux.

Le Social Marketing, en tant que faiseur d’image d’une marque, ou même prospection, est ce que l’on pourrait dire « BULLSHIT » en anglais, du moins pour ma part. J’aime quand on me dit : « il faut communiquer avec ses fans ». Heu ok, mais pour quoi faire? Vous croyez vraiment que c’est des gars qui se disent « tiens si j’allais voir cette marque… si elle me répond, j’aurais une image positive, même si elle s’est fait chopper par les services sanitaires pour vendre de la viande avariée’

1/ Vive les chiffres

What the F**K is Social Media: One Year Later

View more documents from Marta Kagan.

Vive les chiffres :

  • parce que y a du monde sur les médias sociaux
  • parce que les médias sociaux sont en train de dépasser l’emailing
  • parce que l’on passe de plus en plus de temps sur les médias sociaux
  • parce que tout le monde peut communiquer facilement
En vrai ça donne quoi?
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Les marques qui marchent le mieux sur les médias sociaux sont celles qui ont déjà un fort capital nom. Ferrero, qui n’a jamais rien publié compte tout de même une communauté de 2 millions de personnes… plus fort que Ségo qui elle tente pas mal de publications avec ses petits 5 000 fans.

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Tous ces chiffres qui vous montent à la tête, Facebook et ses centaines de millions de consommateurs potentiels… pas d’emballement les gars, vous n’arriverez pas à faire de la prospection, ou très très peu, par les médias sociaux si votre marque n’a pas déjà une valeur forte.

II Mais, heu, à quoi ça sert alors?

Les médias sociaux sont plus un immense centre de retours utilisateurs qu’autre chose, point barre. Et encore, un centre de retour à ciel ouvert avec le bouche à oreille qu’on lui connait. Ainsi, vous jouez avec le feu et si votre produit est victime d’une soudaine impopularité (exemple avec Dominos Pizza), ne comptez pas arréter la trainée de poudre avec les médias sociaux, quand c’est parti, c’est comme les suppos, on sait jamais jusqu’où cela peut aller.

Méfiance donc, car si tout le monde vous dira « il faut vous créer une communauté que vous allez animer », il est clair que cette communauté, ou du moins sa plus grande partie, sera déjà à la base acquise à votre cause. Point de prospection ici. Point d’amélioration d’image. On parle plutôt de fidélisation.

La communauté est le truc tendance, il n’y a qu’a voir l’explosion des community manager, mais est ce que cela veut dire « plus de nouveaux clients » ou tout simplement « fidélisation de l’ancien ».

Je reprendrais l‘interview de Flavien, modérateur chez Région Job :

La communauté pour un annonceur. Risque ou opportunité ?

Opportunité, bien sûr. Les avantages sont nombreux. Cela permet d’une part de fidéliser les membres et d’en faire des ambassadeurs de sa marque, des leaders d’opinion qui seront à-même de relayer les nouveautés, les avantages et les caractéristiques des produits. Cela permet également d’être réactif, la communauté faisant remonter bon nombre d’informations (bonnes ou mauvaises) concernant la marque. Les retours d’expérience et témoignages peuvent également permettre d’améliorer les produits et de mieux coller aux préoccupations du public. Même constat pour les tests de nouveaux produits. Le principal risque est justement de ne pas rassembler de communauté et donc de perdre ce potentiel. La peur de retours négatifs ou de bad buzzs est généralement infondée. Ces derniers auront de toute façon lieu, autant les contrôler et avoir la possibilité de réagir rapidement. Il faut bien sûr que la marque ou le produit s’y prête et qu’il y ait un vrai potentiel de communauté…

Si sa reflexion va à peu près dans le sens de la mienne (communauté = retour client), enfin je crois, je pense surtout aux ambassadeurs de marques. Les ambassadeurs ont toujours existé, autrefois stars, aujourd’hui citoyen lambda. Je me demande tout de même si un citoyen lambda, avec ses 100 potes sur Facebook, peut vraiment apporter enormement à la marque. Je ne remets pas du tout le travail de Flavien en question, et je suis généralement plutôt d’accord avec lui, surtout quand on voit le travail qu’il réalise à Région Job. Mais on le constate, sur le web, les meilleurs ambassadeurs, ou du moins qui paraissent,  sont plutôt ceux qu’on appelle « Bloggueurs Influents », qui ont déjà leur propre communauté sur un ou plusieurs sujets. Certains ont même prostitués leurs blogs en panneau publicitaire, et ça marche. Si la communauté permet une fidélisation et un retour client, je ne sais quoi trop penser des ambassadeurs de marque et la valeur ajoutée qu’ils pourraient apporter si eux même ne possèdent qu’un faible réseau se limitant juste à des copains.

Chez Fred Cavazza, un excellent article fait ressortir plusieurs points :

  • Il y a toujours eu des phénomènes de buzz et de réseautage social (qui se souvient par exemple de SuperGreg ou de SixDegrees ?) ;
  • Les médias sociaux ne vont pas remplacer les médias traditionnels ;
  • Les médias sociaux ne font qu’empirer le problème de bruit et nous sommes toujours en attente des fameux social filters ;
  • Il n’y a pas de technologie miracle ou d’arme secrète.

Il est clair que le social marketing commence plus à atteindre ses limites qu’a vraiment se trouver. Tout le monde parle de communication, de relation avec ses fans, mais bordel à quoi cela peut il bien servir? Les entreprises ne se demande pas « que vais je faire avec ma communauté » mais plutôt « chouette, un nid de quelques centaines de millions d’utilisateurs teubés que je vais pouvoir infiltrer pour vendre mes pattées en croutte à la viande de ragondin « Patté Rible »  »

FAKE

Les médias sociaux, s’ils représentent une manne importante de potentiels consommateurs, ne seront jamais aussi fort que la télévision, ou d’autres médias. Ils ne seront tout au plus qu’un gros service après vente et une énorme carte de fidélité, voir un truc pour refourguer des vieilleries en faisant « in » (cas de Dell), mais en aucun cas ne seront vecteur, ou dans une moindre mesure, de création d’une certaine image, d’une certaine prospection / adhésion.

D’après le PPT ci dessus :

93% des utilisateurs pensent qu’une société devrait avoir sa place sur les médias sociaux
85% pensent qu’une société devrait échanger avec ses consommateurs

Cool. Quand ils parlent de société, combien pensent « société que je connois » ? La vrai info qu’il aurait été utile de savoir, ce serait combien communiquent sur une marque dont ils sont fan, car là on est purement dans le service après vente, les jeux concours à la con, et les bons de réduction ou informations en cas de pseudo crise…

Conclusion

Je m’emballe peut être, mais je vois plus les médias sociaux comme le service après vente de demain que comme un moyen de communiquer efficacement sur son image et attirer de nouvelles ouailles. En ce sens, si l’on possède déjà une communauté forte, au risque que l’information nous échappe, ne serait il pas plus intelligent de proposer soit même son propre réseau ouvert en Open ID, avec possibilité de passerelle entre les différents médias sociaux et une information centralisée en un point, que l’on maîtrise… je ne sais pas. J’ai de plus de forts doutes sur les ambassadeurs lambda d’une marque qui ne possèdent qu’un faible réseau. Ou il faudrait une armée d’ambassadeurs… autant chopper une star et encore.

Toujours est il que plus j’utilise les médias sociaux en tant que marketeux, plus je constate un faible retour. Certe, ils permettent de créer une communauté autour d’une marque, mais quand à l’amélioration de l’image et la prospection, il y a une marge.  Il n’y a qu’a voir en politique et comparer les sondages d’opinion avec les politiciens les plus présents sur la toile pour se rendre compte que rien n’est tout à fait cohérent. De même, lorsque l’on parle de Barrack Obama, sa stratégie web n’a consisté qu’a rassembler une foule déjà acquise en un point pour qu’elle s’organise sur le terrain. Ce ne sont pas les médias sociaux qui ont fait de Barrack Obama le mec cool, c’est le mec cool qui a attiré sur les médias sociaux.

Vous en pensez quoi? Moral dans les chaussettes d’un mois d’aout pourrit cloitré dans un bureau aveuglant toute forme de vision périphérique?

Edit :

Le club de Lens cherche justement un Ambassadeur, pour le retrouver: http://www.youtube.com/user/onatousdulensensoi1#play/all/uploads-all/1/x-6UgjaKHbQ

  • http://www.sunysky.com sunysky

    quelque soit le média il est toujours plus difficile de vendre un mauvais produit qu’un bon, le social marketing n’échappe pas à la règle c’est tout.

    enfin bon ou perçu comme bon par le public ciblé…

    réaction à chaud, j’ai lu en diagonale, je repasse plus tard ;)

  • http://barthox.wordpress.com Xavier

    Réaction à chaud également:

    - « Les médias sociaux, …, ne seront jamais aussi fort que la télévision, ou d’autres médias » => c’est le cas aujourd’hui, mais je pense que les gens vont vivre de plus en plus connectés, et les médias sociaux auront dès lors plus d’importance … Lorsque les premières télévisions sont apparues, je suis certain qu’il y en a eu pour dire « De la pub à la télé? Vous êtes fous! Les journaux touchent bien plus de monde! », et pourtant …

    - « je vois plus les médias sociaux comme le service après vente de demain que comme un moyen de communiquer efficacement sur son image et attirer de nouvelles ouailles » => ce sont en effet de chouettes plates-formes de SAV, mais je reste convaincu que si une marque entretien la conversation avec les membres de sa communauté, cela peut lui apporter de nouveaux prospects. Bon, peut-etre pas toutes les marques, ou en tout cas pas avec le meme degré d’efficacité, cela dépendra du secteur et du type de bien/service, mais je reste convaincu que le bouche-à-oreille est le meilleur moyen de gagner de nouveaux clients …

  • http://www.simonrobic.com/blog/2009/08/12/social-marketing-fake-ma-reponse-a-antoine-dupin/ Social Marketing : FAKE / Ma réponse à Antoine Dupin | simon robic

    [...] Antoine Dupin, chargé de communication web à l’ESC Rennes, a publié un article intitulé Social Marketing : FAKE. Pour résumer, il y dit [...]

  • Antoine

    @Xavier : Le bouche à oreille peut permettre de gagner des clients, ce phénomène de buzz étant généralement temporaire et pouvant vite déraillé. Dernier exemple avec les 3 suisses. Les médias sociaux vont faire buzzer, sur un court moment. même si les 3 suisses ouvraient une page facebook de crise avec réponse et tout et tout, le bad buzz à déjà commencé… mais il ne durera pas.

    Je pense qu’une plateforme gérée par soit même type le truc qu a fait Starbuck, est une stratégie pertinente. Les MS ne doivent pas être au centre de tout, loin de là. Hors on le voit de plus en plus de marques s y engouffrent, et ce n est pas en instaurant un dialogue que l’on gagne forcément des clients, il faut aller plus loin. Du moins c est ce que je pense et voit tous les jours :)

    @Gildas : tu sera bienvenue chez moi

  • http://barthox.wordpress.com Xavier

    @Antoine

    C’est exactement comme cela que je le conçois!

    J’ajouterais que cela ne sert à rien de le faire pour dire d’y être, il faut une stratégie réfléchie avant …

    Seule exception possible (et encore) être ‘présent’, mais non nécessairement ‘actif’ afin de réserver le username correspondant à sa marque, pour ne pas se le faire squatter …

  • http://www.antoineblanchard.fr Antoine Blanchard

    Ouch… il y a de l’orage en ce moment à Rennes !

    Je souhaiterai revenir sur l’origine de ce billet : y a t-il eu un fait particulier dans le cadre de ton boulot qui t’a amener à te poser autant de questions ?

  • Antoine

    Pas que dans mon boulot heureusement :) Mais je le vois de plus en plus, par ma veille, par les différents travaux que je réalise, mes boulots… Je pense, mais je me trompe peut être, que porter tout sa stratégie web sur les médias sociaux est une hérésie, car ceux ci, s’ils améliorent un peu l’image d’une société, ne permettent que trop peu une prospection efficace. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec l’article de Simon.

    Pour moi, une bonne prospection passe avant tout par un site web professionnel de qualité, bien placé dans les moteurs de recherche. Après, des actions de communications peuvent être organisés mais je doute que cela change vraiment les choses. Si l’on prend l’exemple de MyBarrackObama, il y avait plein de super trucs, comme le fait de prendre des photos de la campagne et de les envoyer au blog… mais il avait déjà son capital nom, je pense que ceux qui participaient étaient plus des gens enclins à aller vers lui. MyBo a surtout permis de s »organiser.

    Les médias sociaux peuvent créer un buzz pour une marque, mais cela sera temporaire, le buzz ne vit jamais très très longtemps. Au contraire, il est comme un son qui s’efface pour ne devenir que murmure et disparaitre. A ma connaissance, je ne connais pas de marques qui ont fait une enorme prospection, pas de petite société qui a fait une prospection de masse.

    Ce que je veux dire, c’est qu’on a trop souvent tendance à dire : « il faut être sur les médias sociaux pour la prospection » alors que non. Sans remettre mon travail en question (je suis assez content des échos reçuent de la région et de la ville), je pense que trop de marques s’emballent sur le fait qu’il faut être sur Twitter, sur FaceBook… personnellement, je n’ai jamais découvert de marques par mes contacts. Après c’est sur qu’il peut y avoir des exceptions, mais je maintiens qu’une vraie prospection web doit plus sur centrer à créer de l’inexistant (nouveau site web, site participatif) qu’a se centrer sur de l’infiltration. Lorsque l’on va entretenir le dialogue sur ces derniers, l’on va en grande majorité s’adresser à une foule déjà conquise. En ce sens, cela sera plus de la fiédlisation que de la prospection.

    Mais faudra qu’on en reparle de vive voix pour que je puisse bien t’expliquer certains faits :)

  • http://www.antoineblanchard.fr Antoine Blanchard

    @Antoine : Pour donner suite à ton dernier commentaire, on ne peut pas te reprocher de te tromper en affirmant que « porter toute sa stratégie web sur les médias sociaux est une hérésie » ; c’est ton opinion, et je suis aussi convaincu que toi qu’il ne faut pas tout miser sur les Facebook, Twitter et compagnie… Ne serait-ce parce que tous les monde n’en est pas adepte !

    Après, il est vrai aussi qu’une bonne campagne virale diffusée via les divers médias sociaux peut permettre à la marque mise en avant de se faire connaître auprès de gens qui ne l’aurait pas connu autrement que s’il y avait eu ce bouche à oreille. Mais plus les marque s’essayent au marketing viral, plus les buzz mémorables se font rares. (Comme dit Simon Robic : « Ca demande du boulot, de l’imagination, de l’innovation, et d’accepter de sortir des schémas classiques. Pas simple…)

    En mettant de côté ce questionnement, « les médias sociaux, utiles à la prospection ou à la fidélisation? », il faut s’intéresser à « l’humanisation de la marque » que permet la création d’un profile social. Avoir un profile sur Facebook ou Twitter a fait prendre conscience aux marques qu’elles pouvaient montrer un visage plus humain dans la mesure où elles peuvent exposer ce qui se passe en leur sein, voire même dialoguer avec leurs fans / followers, et dépasser ainsi cette simple communication centrée sur leurs produits. Alors les médias sociaux permettent-ils aux marques (et célébrités, politiques…) de gagner en capitale sympathie ? Je pense que oui.

    On pourrait en parler des heures… Si tu viens à notre soirée Blogueurs on the Beach à La Baule, le 28 août prochain (ça c’est fait:-), je serai ravi de prolonger cette discussion.

  • Antoine

    Je suis d’accord avec ton analyse qui va, je trouve, un peu dans mon sens. L’humanisation d’une marque est plus un gage de fidélisation que d’attraction prospective :)

    Désolé pour les Blogueurs on the Beach, je pourrais pas, j’ai un kangoo, pas assez classe pour la Baule me suis fait refouler six fois. Mais on se reverra et on en reparlera. Pas sur Twitter car tu me suis pas (vlan) mais à une réunion Blogueurs de l’OUest :)

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